Interview de Terpacific sur les raisons de la conception d'AIMSA
interview réalisé par ArtGraph

     1. Pouvez-vous vous présenter.
     TerPacific pour les uns, Pascal pour les autres, mon chéri pour ma femme et ouiohouiiii pour ma maîtresse.
Légèrement schizo, un brin mégalo tendance tête de chou, je vis comme d'autres meurent, par accident. Né con dans une famille réac, j'aurais pu mal tourné. Mais les mots, arguments de séductions d'abord, ensuite mis sur les maux, avec un grand X ont réveillé un esprit engourdi par des siècles de dogmes judéo-crétins de droite façon bush. De ces mots sont nés les chansons.
     J'aurais pu faire alors comme tant d'autres et tenté ma chance pour espérer un jour pouvoir passer un dimanche après-midi chez Drucker où plébiscité par des rombières j'aurais, en duo avec Bruel, fait une ode à la chienne empaillée qui commence à sentir le pas frais. Mais rien n'est simple avec moi, me rappelait hier encore l'employée entêtée de l'anpe qui voulait à tout prix faire de moi un électricien. Métier d'avenir s'il en est au vu de l'augmentation du prix du gaz. Non rien n'est simple. Quand on s'est battu, débattu puis abattu (moralement) pour une certaine idée de la société, on a pas franchement envie de refiler les clés d'une bonne partie de sa vie à Pascal Nègre. J'aurais pu m'appeler Florent mais pas Pagny.
     J'ai choisi la voie de l'autoproduction avec ses galères, sa misère (encore moins bien payé qu'un intermittent) mais sa totale liberté. Avec l'arrivée du web je me suis courageusement noyé dans l'immense masse d'artistes inconnus voir incongrus qui espère trouver son public. J'avais décidé de ne plus me mêler des affaires des autres et de parfaire mon ego. Mais les vieux réflexes c'est comme les vieux slips, le jour où la machine à laver tombe en panne on est bien content de les avoir garder. Quand les lois DADVSI sont passées j'ai remis mon kangourou. Et apparemment je ne suis pas le seul à aimer avoir la poche sous les yeux, puisque c'est de là qu'est née AIMSA"no sacem inside" sous l'impulsion de Jeff alias Djeffouille, l'engagement et la complicité d'Artgraph, Benoît pour les intimes et le soutien de Mallis, le boss de la grosse radio.

     2. Pourquoi le choix d'une association ?
     Le choix de l'association s'est imposé car notre but est de formaliser notre engagement vis à vis des artistes et des diffuseurs par des contrats légaux. Ce qui n'est possible qu'avec une structure juridiquement reconnue comme une association.

     3. comment est née l'association ?
   Tout a commencé en octobre ou novembre 2005. Alerté par un mail sur le vote du projet de loi sur les DRM,  j'ai commencé comme beaucoup par signer la pétition contre, à participer à des débats et proposer des actions, pourrissement de boîtes mails
des députés par afflux de message, et envoi d'article à la presse nationale, ce qui a eu pour conséquence une interview de Mallis par Libé. Nos actions ainsi que celles de beaucoup d'autres ont permis de bloquer ce premier vote. Mais le gouvernement, les majors et la sacem qui n'entendais pas en rester là ont remis le couvert et cette fois la loi est passée. Djeffouille qui au cours des débats avait promis de ne pas en rester là au cas où, a tenu sa parole et m'a proposé la création d'une association. Nous en avons débattu, mis au point les principes et bien sur nous nous sommes testés l'un et l'autre pour savoir à qui nous avions à faire. De nombreux points quand à la vision de la diffusion de la musique mais aussi sur un tas de sujet nous ont conforté dans le fait que nous nous sommes bien trouvé. Après quelques tâtonnements nous avons trouver le nom AIMSA"no sacem inside" et le but principal est de proposer une alternative à la sacem.

     4. deux types de contrat un diffuseur et un artiste ?
     En fait c'est même trois contrat, un pour les artistes et deux pour les diffuseurs. Pour les artistes il ne s'agit pas d'obtenir une quelconque exclusivité. Le contrat est fait pour les protéger de diffuseurs indélicats (qui ferait du commerce de leurs oeuvres sans leurs autorisations), leurs apporter une légitimité, comme peut en apporter une, l'inscription à la sacem (mais gratuitement et sans contrainte). Il sert aussi à nous protéger contre un artiste à la recherche de visibilité sur le net, inscrit à la sacem ou autre société de reversement de droits d'auteurs qui ne nous le signalerais pas.
Pour les diffuseurs il y a deux contrats, chacun répond à une situation spécifique. La première la plus simple, le diffuseur est un site, un blog, un coiffeur ou clinique vétérinaire ne voulant diffuser que du libre. Le contrat lui donne accès aux playlists aimsa, aux compils, au player aimsa et lui permet en cas de réclamation de la sacem de fournir la liste détaillée des artistes sans avoir à courir après les et les autres et s'assurer qu'ils sont bien sous licence libre. La deuxième situation est plus complexe et s'adresse à des diffuseurs qui passent aussi des artistes sacem (ou autre société de droits d'auteurs). Le contrat le permet. Il est surtout là pour protéger aimsa dans le cas de comportement litigieux. Par exemple une webradio qui entre les artistes aimsa en profiterait pour diffuser le dernier titre de Pagny sans le déclarer. Dans ce cas là aimsa de par la signature du contrat ne pourra pas être tenu responsable de la fraude.

      5. pourquoi le choix d'une diffusion via le net ?
     Deux raisons, un, c'est déjà un média majeur, très probablement dans un futur proche tout se passera sur la toile et les absents d'aujourd'hui rameront d'autant plus demain que le réseau sera encore plus volumineux. Deux, malgré le manque de visibilité engendré par le grand nombre d'artiste présent sur le web c'est le média le moins cher pour faire sa promotion. Le moins cher et le plus complet, on peut mettre le son, l'image, etc...
Le problème c'est donc le manque de visibilité, mais en se groupant, en mettant en commun les énergies de chacun, on peut arriver à faire sa place et être alors visible par le plus grand nombre. L'artiste qui n'avait pas accès aux masses médias traditionnels peut espérer trouver son public et pourquoi pas vivre enfin de son art.

     6. Comment adhérer à l'association ?
     En tant qu'artiste, rien de plus simple:
- Il faut ne pas être affilié à la sacem ou tout autre organisme de droits d'auteurs (avec des exceptions, le système belge par exemple affilie les titres et pas la personne physique contrairement à la sacem et l'artiste peut donc soumettre des titres si ceux-ci sont en libre diffusion).
- Avoir un ou plusieurs titres dont la qualité d'écoute est bonne.
- contacter aimsa qui enverra le contrat et indiquera la marche à suivre.
     Pour les diffuseurs, il suffit de contacter l'association, de déterminer entre les deux contrats celui qui convient. la seule obligation, pour un site ou un blog c'est de mettre un logo aimsa avec un lien vers nous et pour un local associatif ou un commerce de mettre une affichette indiquant que les artistes à l'écoute dans l'établissement sont affiliés à l'aimsa. On peut aussi adhérer comme bénévole et apporter son aide, ses compétences dans la gestion du site, la recherche d'artistes ou de diffuseurs, etc...
     Les adhésions sont gratuites.

     7. pourquoi la révolution ?
     Parce qu'avant AIMSA"no sacem inside" les différentes associations, plateformes, artistes du libre ne trouvaient que des licences pour se protéger, comme la Créative Commons et/ou des sites de promotions et diffusions. Nous clairement, nous proposons une alternative à la sacem. Ce qui nous différencie se sont les contrats juridiquement reconnus par la loi française qui permettent aux artistes et aux diffuseurs d'être enfin légitimité à faire, diffuser, promouvoir du libre. Ce concept apporte une sécurité aux artistes et diffuseurs sans être contraignant, car les contrats peuvent être rompus sur simple demande.
La gratuité et le refus d'avoir des bannières publicitaires sur le site AIMSA sont les garanties que nous sommes et serons toujours au service de la musique dans sa généralité et non pas dans la recherche d'intérêt et/ou de profit personnel.

     8. pourquoi ce site ?
     Le site est notre vitrine où les artistes et les diffuseurs peuvent se rencontrer. Il est à ce jour notre seul moyen de communication avec l'extérieur. Demain, j'espère, qu'aimsa sera un interlocuteur assez fort pour être aussi présent sur les autres médias, à moins que ceux-ci ne disparaissent face à la montée du réseau.

     9. pourquoi revendique le libre ?
     Pour plein de raisons autant personnelles que globales. Face à ma conscience, à mon passé, à ma façon d'être, de vivre je ne peux penser autrement que l'auditeur doit toujours avoir le choix. Que lorsqu'il achète un album, attiré par l'un des titres, souvent bien d'ailleurs, diffusé en boucle sur toute les FM, les clips TV, la pub,il regrette cet achat parce que le reste c'est franchement de la merde. Parce que cet auditeur doit pouvoir entendre d'autres artistes, au moins aussi bon et souvent meilleurs que certaines stars établies.
     Parce que les artistes du libres sont souvent des artistes avec un grand A. Ecorchés, non formatés, eux font vivre et évoluer la musique, quand les majors et leurs sous-fifres ne font que suivrent tout en verrouillant les accès aux larges publiques. Ces artistes du libre ne sont pas consensuels et abordent des thèmes différent ou les mêmes thèmes différemment que le ronronnement du politiquement correct, ce que ne peuvent se permettrent, à de rares exceptions prêts, les artistes dans le circuit habituel.
     revendiquer le libre, c'est aussi revendiquer une autre façon de vivre en société. C'est dire que tout n'est pas à vendre et que ce qui l'est doit se faire dans le respect du créateur, de l'auditeur et de leur environnement.

     10. libre expression (faire de la pub un max ou autre, enfin là dire ce que vous voulez)
     alors, c'est l'histoire d'un mec... Il est con le mec.

     11.Pourquoi avoir créer une licence afin de ne pas adhérer à la sacem ?
     Parce que la sacem au moment des discussions et du vote des lois DADVSI à soutenu et participé au lobbying des majors et consort pour qui se vote est un cadeau de plus leur permettant de faire encore plus de profit sur le dos des artistes et des auditeurs. Rôle que l'on a du mal à comprendre, quand on sait qu'universal lui doit des milliers d'euros, qu'universal encore non comptant de ramasser sa part du gâteau des taxes sur les supports numériques propose au USA la totalité de son catalogue en téléchargement gratuit (contre des écrans pubs). Sacem et auditeurs de France sont les vaches à lait d'un système qui bénéficie à une poignée de producteurs et d'artistes. Alors pourquoi ne s'être pas contenté de ce qui est sa fonction première, la défense et la protection des artistes? Mystère... Pas si sur, qui dirige vraiment la Sacem?

     12. conclusion personnelle
     pour finir, je dirais que la sacem comme les majors ont en réalité raté le train du numérique, alors pour monter en force dedans et imposer leur vision commerciale de l'art il s'appuie sur un ministre de la culture, qui serait mieux à sa place comme chef comptable d'une quelconque société à but lucratif. Mais ministre qui a tout a fait sa place dans un gouvernement qui brade, à ses amis redevables bien sur, tous les biens communautaires d'une société qui avait pourtant su au fil des siècles mettre en avant le repartage des richesses. La culture n'est que l'une des pointes émergentes de cet iceberg qui avance en aveugle et écrase les peuples, les continents, la planète au nom d'un libéralisme qui n'a d'autre nom que le totalitarisme économique.
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TerPacific